Institut Fourier, 100 rue des Maths,38402 St Martin d’Heres CedexTél : 04 76 51 43 14[courriel>mailto:parisseb@orange.fr]
Cursus académique
– Maths /sciences : doctorat en physique mathématique à Orsay : Résonances pour l’opérateur de Dirac
– Compétences acquises hors académie en informatique : Programmation intensive depuis 1993
Bernard Parisse est le développeur du cœur et de l’interface du Système de Calcul Formel GiaC/Xcas, devenu en une dizaine d’années un logiciel majeur de sa catégorie. Le nombre annuel de téléchargements de Xcas dépasse maintenant les 50 000 (principalement sous Windows et par et pour des utilisateurs français). Xcas est présent dans la grande majorité des livres de maths de Terminale S, on en parle aussi en ES (une copie d’écran de Xcas se trouve d’ailleurs dans le sujet du bac ES 2014). Le projet Sage, au niveau enseignement supérieur et pour l’agrégation, a réussi de son côté à fédérer la communauté recherche de calcul formel en est le concurrent le plus direct... même si on peut appeler Giac depuis Sage.
Génèse de GiaC/Xcas…
Bernard Parisse n’avait jamais entendu parler de calcul formel avant 1993, et c’est un de ses étudiants d’alors qui lui a montré le calcul d’une dérivée symbolique et d’un inverse de matrice sur une calculatrice HP. Le moteur de calcul formel fourni sur les HP48 étant très limité, Bernard Parisse s’est alors lancé dans la programmation, et a choisi de mettre son travail à disposition de la communauté des utilisateurs de calculatrices HP sous le nom d’Erable (clin d’œil à Maple, qui était alors le logiciel principalement utilisé en CPGE). HP ayant un centre en banlieue de Grenoble, un contact fut établi, qui déboucha sur la création d’un module optionnel calculatrices en Deug et l’année suivante une collaboration avec l’équipe australienne de HP a permis d’intégrer Erable sur la HP49, et, dans la foulée, sur la HP40, version lycée simplifiée et au prix modique d’une TI83, grâce au travail de Jean Tavenas (HP Grenoble). Mais HP a finalement renoncé face à la concurrence, plus affutée commercialement.
La modification de l’épreuve d’option de l’agrégation de maths en 2000, qui devenait un oral de modélisation, avec utilisation de logiciels (Matlab, Maple, puis plus tard Scilab…) a relancé le travail de Bernard Parisse, qui dès lors s’est concentré sur le développement de Giac [1]/Xcas. L’IREM de Grenoble suit. Michèle Gandit et Christianne Serret observent les problèmes rencontrés par les élèves et font un retour d’expérience qui conduit Bernard Parisse à repenser l’interface. En 2005, Xcas est intégré dans la liste des logiciels de l’oral de modélisation de l’agrégation, et dix ans plus tard, un bon dixième des candidats l’adoptent préférentiellement, et un tiers pour l’épreuve C. En 2013/14, Bernard Parisse a fourni une contribution importante en ciblant les candidats aux options A et surtout B de l’agrégation : refonte de la page agrégation externe, ajout de fonctionnalités, testées dans un cours de méthodes numériques niveau licence 3ième année.
Quelques qualités de Giac
– Open Source
– Le choix technique de développer Giac en C++ a permis de multiplier les interfaces et les plateformes supportées
– Les performances soutiennent la comparaison avec les concurrents payants …
Rétribution/récompense/reconnaissance à ce jour pour ce travail :
– Rétribution : Sa carrière d’enseignant-chercheur n’a pas été propulsée par cet investissement fort dans le développement de Giac/Xcas : l’institution universitaire n’a pas offert à Bernard Parisse la possibilité de passer une habilitation à diriger des recherches.
Récompense : En 2007, Xcas participe aux Trophées du Libre, (concours de logiciels libres qui n’existe plus aujourd’hui), et obtient la 3ième place dans la catégorie logiciels scientifiques.
– Reconnaissance :
La collaboration entamée avec Geogebra en 2013 se concrétise de manière très prometteuse [2] avec la version Geogebra 4.4 sortie en décembre 2013 qui interface Giac (module natif java et version web).
Distribution imminente de Xcas sous Linux Fedora.
Le logiciel Xcas intéresse très directement les candidats de l’agrégation aux épreuves A, B et C, et est aussi proposé à l’agrégation interne, et pour les oraux du Capes, plusieurs préparations l’utilisant.
La reconnaissance institutionnelle de Xcas en France est bonne, mais le logiciel reste quasi-inconnu à l’étranger ; une amélioration de la documentation en anglais pourrait contribuer à sa diffusion.
Via de nouvelles interfaces, la diffusion de Giac elle aussi avance :
– En distributions libres
Qcas (interface alternative, qui pourrait remplacer Xcas un jour), Smartcas (calculatrice CAS dans votre navigateur), Xcas Pad (sur tablettes). Les interfaces vers d’autres langages s’améliorent, module Python, interface avec Sage (F. Han), utilisation depuis javascript. La plus petite version de giac existante à ce jour occupe moins de 5M ; c’est une application tierce open-source (distribuée sous licence GPL3), et elle permet de transformer en toute légalité une TI nspire non CAS en une calculatrice CAS…pourvu que la TI nspire ait le bon OS…
– En distributions commerciales :
2011 : Le noyau de Giac est intégré à une application commerciale, PocketCAS [3], ce qui nécessitera de contacter les services de valorisation de l’université.
Prix Serge Hocquenghem